LE KARATÉ SHOTOKAN
PATRICE DUMOULIN
J’ai pratiqué le karaté shotokan pendant plus de dix ans et parallèlement j’ai suivi des cours d’aïkido et kendo durant quelques années. Je suis ceinture noire 2 dan dans ma discipline. Je propose animer des séances d'arts martiaux destinés aux jeunes de 12 à 17 ans. Ayant une formation en psychoéducation d’origine Française, cette activité parascolaire s'inscrit dans un projet d'éducation à la paix. De la violence, il y en a partout. La violence n'est pas l'apanage des milieux défavorisés. Mais elle est plus brutale là où les conditions économiques et sociales elles-mêmes constituent une forme de violence. Chez les filles, on observe moins d'agressivité négative, mais on trouve beaucoup de victimes de violence, le principal résultat de ce programme sera de développer leur confiance en elles. Chez les garçons, le principal effet, c'est l'amélioration du contrôle de soi. |
Trois vertus:
Les katas, les chorégraphies de mouvements exécutés dans le vide que les jeunes doivent apprendre au cours des séances, aident aussi à augmenter la mémoire et la concentration. Selon moi, l'art martial n'est pas seulement un sport qui permet aux jeunes de canaliser leur agressivité dans une activité positive. L'art martial vise à développer principalement trois choses : la patience, la concentration et l'autodiscipline, trois vertus qui facilitent la vie en société. L’art martial que j’enseigne interdit toute conduite violente, prône le respect des autres, la loyauté et le dépassement de soi.
Les Arts Martiaux et contes moraux:
On va chercher les jeunes d'abord avec le corps, puis avec la tête. Après chaque séance, ils doivent assister à une discussion de 15-20 minutes où on utilise beaucoup les contes moraux et philosophiques. Selon moi, les contes, en réveillant des émotions, aident à libérer la parole pour que les jeunes puissent discuter entre eux de moyens de prévenir des conflits ou de négocier avec les autres sans recourir à la menace, au chantage ou à l'intimidation.
Aujourd'hui, la majorité des écoles d’arts martiaux néglige la partie traditionnellement consacrée à la réflexion, à l'enseignement moral et à la discussion entre le professeur et les élèves. Des parents inscrivent leurs enfants à des cours d'arts martiaux en espérant que cela les aide. Mais il faut faire attention. Des enfants qui ont déjà des comportements agressifs peuvent devenir plus violents si on leur apprend seulement des techniques de combat.





